Hypercholestérolémie et l’Athérosclérose, FH

Tous nos reproducteurs sont testés et non porteurs de la maladie génétique


L’hypercholestérolémie familiale (HF) est une affection métabolique congénitale caractérisée par une accumulation anormale et importante de cholestérol et de lipides dans le sang. Chez l’Eurasier, cette anomalie peut être associée au développement précoce d’une athérosclérose systémique, une maladie rare mais potentiellement mortelle.

L’athérosclérose correspond à l’accumulation progressive de lipides au niveau de la paroi interne des artères. Ces dépôts peuvent former des plaques d’athérome, provoquer une inflammation de la paroi vasculaire et favoriser la formation de thrombus. L’obstruction des vaisseaux peut alors entraîner différentes complications, notamment des accidents vasculaires cérébraux, des troubles neurologiques, des boiteries, des paralysies, des complications digestives, des nécroses des extrémités ou, dans les cas les plus graves, un arrêt cardiaque et le décès.

Chez l’Eurasier, les premiers signes peuvent apparaître relativement précocement, souvent entre 12 et 24 mois, lorsque les dépôts lipidiques ont déjà commencé à altérer les artères. Les manifestations cliniques peuvent être variables et parfois difficiles à identifier : crises neurologiques ressemblant à de l’épilepsie, nystagmus, troubles de l’équilibre, boiteries, paralysies des membres postérieurs ou troubles digestifs. Dans certains cas, la maladie peut toutefois rester silencieuse et n’être découverte qu’à l’occasion d’un examen ou d’une intervention.

La maladie semble particulièrement difficile à diagnostiquer en raison de sa rareté et de sa méconnaissance. Le premier cas a été diagnostiqué en France en 2017. L’université de Bern collecte des échantillons sanguin dans le but d’identifier la cause génétique sous-jacente et de développer un futur test ADN. Nous avons bien évidemment participé à ces analyses génétique en envoyant des échantillons sanguin directement dans leur laboratoire.

Avant de retenir l’hypothèse d’une hypercholestérolémie génétique, il est indispensable d’exclure les causes secondaires, notamment l’hypothyroïdie, le diabète sucré, l’hypercorticisme et certaines affections du pancréas. Le diagnostic nécessite donc une interprétation vétérinaire complète et, idéalement, un dosage sanguin réalisé à jeun dans un laboratoire de référence ou directement chez votre vétérinaire.

Le dépistage présente un intérêt particulier compte tenu du caractère parfois silencieux de la maladie. Un contrôle du bilan lipidique peut être envisagé dès l’âge d’un an chez l’Eurasier, notamment lorsqu’il existe une suspicion clinique ou génétique. Un résultat peut parfois nécessiter un contrôle ultérieur afin de vérifier sa persistance. La normalité d’un dosage ne permet cependant pas, à elle seule, de garantir l’absence définitive de risque dans toutes les situations.

À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif permettant d’éliminer l’athérosclérose ou de corriger définitivement l’anomalie génétique. La prise en charge vise principalement à réduire les conséquences de l’hyperlipidémie et à améliorer le confort de l’animal. Des traitements hypolipémiants, antiagrégants ou anticonvulsivants peuvent notamment être utilisés selon les manifestations observées et sous contrôle vétérinaire. Une alimentation adaptée, notamment modérée en lipides et en glucides, peut également être proposée, même si son efficacité dans cette forme génétique reste limitée.

En conclusion, l’hypercholestérolémie génétique associée à l’athérosclérose constitue une affection grave chez l’Eurasier. Son évolution peut être silencieuse avant l’apparition de complications sévères. Un dépistage biologique précoce et la collecte des cas atteints ou porteurs, sont essentiels pour améliorer la connaissance de cette maladie et permettre, à terme le développement d’un test de dépistage ADN.